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MediaPhi n°7

La maltraitance des animaux

J’ai eu plusieurs animaux de compagnie,
mais le pire qu’il m’ait été donné d’élever,
c’est bien l’espoir.

A force de le nourrir de cochonneries,
de ne jamais le sortir faire ses promenades,
ses besoins,
il était devenu malade, de larges pelades
au milieu de la toison.
J’ai à peine honte en confessant
que lorsqu’il jappait pour jouer avec moi,
ça m’arrivait de lui décocher
des coups de talons dans les flancs.
Puis il est devenu muet,
il s’est mis à traîner sa peau de chagrin
dans le salon, les couloirs.
Je n’éprouvais pas de pitié,
même il m’agaçait…

Quand, dans la rue je vois des gens
qui caressent le leur…
lui font des douceurs, des « mioumious »,
des papouilles et lui parlent parfois…
j’ai envie de leur mettre de grande gifles
pour les réveiller, qu’ils s’aperçoivent
du ridicule de leur situation.
Tous ces gens gaga de l’espoir,
qui s’attachent à lui, et lorsqu’ il monte au ciel,
des illusions de mon cul,
se mettent à chouiner comme des mômes
au lieu de ravaler leurs larmes,
de s’endurcir une bonne fois pour toutes.
Mais non…qu’est-ce qu’ils font?
Ils partent en acheter un autre
pour se consoler de la mort du premier…
un deuil sans cesse repoussé…
reculer pour mieux se vautrer.

Finalement mes parents ont pensé
à le faire piquer, mais je me suis dit
qu’après tout nous n’avions pas besoin
d’un médecin hors de prix pour le supprimer…
je l’ai emmené dans le fond du jardin,
j’ai pris la pelle à neige
qui traînait dans le garage
et je l’ai roué de coups
jusqu’à ce que sa colonne cède…
je me rappellerai toujours,
mes bras maigrichons
d’enfant de huit ans
me brûlaient, me picotaient
vivement suite à l’effort.
Seuls, mes parents ont pleuré…
plus parce qu’ils avaient peur de moi
que pour autre chose.